La laisse de Françoise Sagan (1989)

C’est avec un bonheur certain que j’ai relu ce titre oublié de Françoise Sagan, «La laisse». Avec son art inné de l’écriture elle sait, d’une histoire banale, souligner ces dessous peu glorieux d’une vie quotidienne agréable et oisive. Un cynisme de bon aloi accompagne tout le récit tandis qu’elle décrit des sentiments que l’on hésite à qualifier.

La trame:  Vincent est un homme sans grande ambition, un musicien sans génie mais un beau gosse et facile à vivre. Sans trop réfléchir, il s’est laissé passer la laisse par Laurence. Amoureuse à sa façon, elle a des moyens financiers aussi volumineux que son goût pour la possession de son bel esthète. Son jouet lui plaît. Elle l’habille comme un homme du monde et le sort comme un prince. Toujours au bout de cette laisse presque invisible.

Un jour, sans faire exprès, Vincent aligne des notes qui auront un succès planétaire. Il passe, du jour au lendemain du statut de semi-gigolo à celui d’homme financièrement indépendant. Autour de Vincent, les choses changent. L’argent ne fait certes pas le bonheur, mais sa convoitise dévoile bien des aspects de l’humain. Pour lui aussi. Laurence lui créé une histoire. Celle dont elle rêve mais qui n’est pas la sienne. Il ne s’y retrouve plus. Vincent est ébranlé. Il s’interroge. Dans le couple les monologues se croisent en triste cacophonie. Même le Steinway égrène des notes inconnues. Tous les rêves ont un réveil. Sagan sait si bien les décrire.

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