Instants volés… Copenhague

Le ciel est si bas qu’il vous tombe sur les paupières. La ville est sombre, le vent glacé. Tristement l’ex « France » est amarré au port. L’impressionnant bâtiment semble ne s’être jamais remis de son abandon par les Français. Une ambiance mélancolique règne dans la ville et autour du navire, comme si toute la morosité du nord s’abattait sur eux.

Une pluie fine se met à tomber. Peu à peu, elle se transforme en giboulées de neige. La chape nuageuse est de plus en plus basse. Une lumière diaphane enveloppe la ville.  J’ai un sentiment d’en­gourdissement, un perpétuel besoin de dormir comme si seul le sommeil pouvait me délivrer de cette sensation oppressante de n’être pas à ma place. D’être un poids mort.

Un ivrogne titubant passe en chantant. Sa voix est rauque, ses traits marqués, voire grossiers, accusent une vie difficile. Ses larges mains expriment une puissance effrayante. Lui aussi semble complètement « déplacé » à Copenhague. On m’explique qu’il s’agit d’un Inuit. Ici, on ne les aime pas, on leur reproche de ne pas savoir marcher droit! Les habitants du Groenland ne sont pas habitués aux villes. Lorsqu’ils y viennent, c’est pressés par un manque, un achat important ou une demande auprès d’un ministère. Ils sont perdus et boivent pour se donner du courage. Difficile après de marcher droit…

Un peu plus loin, la petite sirène, toute menue ajoute à la mélancolie de l’endroit. Pas étonnant dès lors, qu’elle rende fous tous les marins du monde. Probablement ont-ils tous l’envie de la serrer dans leurs bras, de la bercer, de l’emmener. Elle est ravissante et passe sa vie à alimenter bien des rêves.

Le froid, le vent du nord, la tristesse et la nostalgie de l’endroit n’entament en rien la joie de vivre des Danois. Bon vivants, ils savent jouir de chaque instant. D’une discussion au coin du feu comme d’un bon repas, d’une sortie au théâtre ou au cabaret. Ils aiment rire, boire, s’amuser.

Pourtant, ni l’accueil chaleureux et l’amabilité de mes hôtes, ni les visites de monuments, pas même les excellents spectacles n’ont réussi à me sortir de cette torpeur engourdissant. Une somnolence qui vous saisit en entrant dans la ville et ne vous quitte plus.

Nina Brissot

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