Horreur… des sous!

Il était une fois un pays. Petit, propret, soigné. Ses habitants, de langues différentes, y vivaient calmement, sachant à merveille s’ignorer les uns les autres. C’était entre 1291 et 2004 ou 5. A ces époques, une fois l’an, patriotes et fêtards de tous bords et de toutes langues fêtaient en artifices, leur pays sur une prairie au Grütli.
Ce petit pays à l’emblème rouge et croix blanche, est particulier. On y cultive un fédéralisme exemplaire, un goût immodéré du consensus, le sens du travail bien fait, celui de la multiplication des problèmes administratifs, une adoration pour les lois, une vénération pour l’argent. D’ailleurs, dans ce pays, il y a presque autant de banques que de boulangeries. La pharmacie, l’horlogerie et le chocolat en font aussi le génie.
Vous l’aurez deviné, c’est de la Suisse que nous parlons. Ce beau pays a, comme tous les autres, droit à une fête nationale pour marquer sa naissance. Or aujourd’hui le premier août fait mal. Oh non, pas franchement au patriotisme. Pas même à l’idée de la fête ou du jour de congé. Non, c’est du porte-monnaie qu’il s’agit.
Car en Suisse, depuis peu, la gangrène du désœuvrement de quelques esprits simplets orchestrés en sous mains par d’habiles marionnettistes nécrose la paix sociale. Quelques têtes brûlées, forts en bras, cassent! Ça fait bien dans leur paysage qu’ils appellent pompeusement néo-nazis, nationalistes, voire idéalistes…. Ces brutes épaisses, en fait, sont «dirigées» vers le Grütli, symbole d’une Suisse paisible pour y accomplir leurs basses besognes de casseurs. Il ne se rendent même pas compte qu’ils travaillent gratuitement pour quelques penseurs bien intentionnés. Ils cassent, donc ils sont! Et ça coûte des sous.
Or, dans ce petit pays propre en ordre, s’il est une chose qui n’est pas tolérée, c’est de devoir payer pour le chenit des autres….Horreur! Alors, pour n’avoir pas à payer, on parle d’annuler le 1er août au Grütli.
Mais qu’est-ce que ce pays qui, pour des économies, envisage de renier sa naissance? Existe-t-il vraiment? Payons, chers concitoyens. Payons même pour casser la g… aux casseurs. Mais de grâce, continuons d’exister et de fêter le 1er août au Grütli!

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