Que faire des migrants

Les controverses enflent. En cause, les flots de personnes déplacées fuyant un régime politique totalitaire, des endroits en proie à des guerres, des situations de famine, des tueries, de nombreux pays où les droits humains sont bafoués ou plus simplement le réchauffement climatique. S’ajoutent à ce dilemme les vrais et les faux migrants. Ceux que l’on doit aider. Ceux que l’on doit refouler. On les appelle tour à tour migrants humanitaires, économiques, infiltrés ou autres. En 2020, selon les statistiques de l’Union Européenne, basés sur les données du HRC, (haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés) nous arrivions à un chiffre global de 0.6% de la population de l’Union Européenne. C’est peu, et c’est beaucoup. Surtout si l’on tient compte du chemin de croix que représente le parcours de certains réfugiés pour arriver jusqu’en Turquie, en Grèce, dans les Balkans et finalement en Allemagne, en Italie, en France, en Suisse. Autant de pays qui veulent se protéger de cette déferlante. Autant de parcours de vies dramatiques pour ceux qui on pris la route de l’exil.

Il est de bon ton aujourd’hui, notamment dans la presse nationale de chaque pays, souvent travaillée en sous-mains par des groupes de défenseurs des droits humains, de fustiger les méthodes barbares des certains pays envers ces réfugiés. Pas un journal télévisé, pas une chronique, pas une info sans que l’on décrive le long purgatoire de ceux qui recherchent un petit coin de paradis. Mais aussi de l’inhumanité des pays et gouvernements qui n’en font pas assez. Ou trop dans le mauvais sens.

Quelles solutions?

Malheureusement, pas un mot, pas une image, pas la moindre ébauche de solutions durables supposées améliorer la situation. Bien sûr, les migrants de Calais que l’on ramasse à la pelle une fois renvoyés par les vagues hostiles font réagir contre l’autorité française dans des termes peu amènes. Les enfants battus en Croatie au seul titre de migrants qui dérangent et tentent de passer les frontières sont considérées à juste titre comme des méthodes honteuses. La Grèce, la Pologne, la Turquie ou l’Ukraine qui jouent de la vie de ce gens comme d’un jeu vidéo sont absolument à dénoncer au nom des droits humains. Ce dont personne ne se prive. Surtout pas les pays qui n’accueillent, avec parcimonie, que quelques réfugiés ou migrants triés sur le volet. Mais des solutions intelligentes, on n’en voit pas l’ombre d’une ébauche.

Aider, recueillir, offrir des conditions de vie dignes, c’est l’espoir de tout réfugié qui, une fois qu’il l’aura obtenu n’aura de cesse d’en faire profiter sa famille, ses amis. Il s’agit là d’une posture humaine absolument normale et attendue de tous. Enfin de ceux qui sont dans la position du migrant. C’est aussi une porte ouverte à une migration de masse que des pays prospères ou en tous les cas nantis ne souhaitent pas. C’est, là aussi, une attitude normale.

Par conséquent, les pays d’accueil n’ont aucun intérêt à encourager le débit du flux. Comment faire alors pour le retenir en restant dans l’acceptable sur le plan humain? Peu de réponses à cette question dans la presse qui ne cesse de reporter les exactions commises contre les migrants aux frontières. Pas d’interviews de responsables humanitaires qui ont (peut-être) des solutions à développer avec l’aide du peuple. Aucun conseiller en communication, qui pourtant pullulent, pour avancer des thèses exploitables ou pour rappeler qu’il existe un «pacte mondial migrations». Pas non plus de directives officielles sur un comportement adéquat. Peut-être n’y a-t-il actuellement pas de solution toute faite permettant de faire face efficacement aux causes et effets de la migration. Au moins faudrait-il chercher et accorder , dans la communication, autant d’espace aux recherches de solutions qu’il en est donné aujourd’hui aux lamentations.

Un commentaire

  1. suzette.s@bluewin.ch dit :

    Vous avez mille fois raison, chère Nina, mais que faire? C’est vraiment horrible. J’espère que Daniel et vous allez au moins ien et je ous embrasse. Suzette

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s